Comment tout a commencé (1)

Comment devient-on polyglotte ? Comment suis-je devenu polyglotte ? Répondre à la première de ces questions est l’objet de ce blog tout entier. Quant à la seconde, y répondre de manière exhaustive exigerait de nombreux articles. Je m’attellerai sans doute un jour à cette tâche. Dans la présente série d’articles, cependant, je traiterai d’une question tout aussi intéressante : comment tout a commencé pour moi ? Car j’ai vécu il y a quelques années une expérience particulière, qui a constitué un tournant décisif dans mon rapport aux langues et à leur apprentissage. Voici le récit de cet événement fondateur.

UN NOUVEL ESPOIR

Rome, juin 2013. Je venais d’arriver à l’Accademia Vivarium Novum, pour une expérience linguistique qui allait changer ma vie. J’étais sur le point d’apprendre à parler une langue étrangère pour la première fois. L’anglais ? L’allemand ? L’italien ? Non. Le latin.

J’arrivais déjà, il est vrai, à baragouiner l’anglais, un résultat assez décevant après 6 ans d’étude de cette langue. Les notes relativement bonnes que j’avais régulièrement obtenues en classe auraient dû être le gage d’une capacité à s’exprimer, n’est-ce pas ? Si vous êtes ne serait-ce que vaguement familier/ère avec le système éducatif d’à peu près n’importe quel pays (et c’est sans doute le cas), vous vous doutez bien que la réponse est négative. En matière de langues, l’école semble être un univers parallèle, dans lequel remplir des textes à trous et décliner des mots constitue bizarrement l’essence d’une compétence linguistique. Dans l’univers où je vis, où vous vivez, cependant, les langues sont avant tout un moyen de communication entre êtres humains. D’où une absence quasi-totale de correspondance entre les notes et les compétences linguistiques réelles.

Côté allemand, le bilan était encore plus désastreux. Après 10 ans d’étude, je pouvais à peine aligner une phrase dans cet idiome germanique. J’avais également suivi quelques cours facultatifs entre le début de ma scolarité et l’université : italien, chinois, russe, romanche… Mais à part quelques salutations et politesses, je n’en avais rien retenu. En suédois, langue que j’avais étudiée par moi-même pendant quelques mois, mon niveau était aussi médiocre qu’en allemand. Mais, en comparaison, atteindre rapidement ce niveau (en quelques mois vs une décennie) m’avait déjà convaincu de l’inefficacité des méthodes scolaires traditionnelles.

Retour à l’été 2013. Pourquoi avais-je donc décidé de passer mes vacances dans une école de langues pour y apprendre une langue ancienne ? J’allais commencer en automne un master en ancien français et histoire de la langue française. Il était donc tout à fait pertinent pour moi de chercher à avoir des bases solides de latin, une langue que je n’avais pas étudiée au préalable (à part un cours d’introduction très basique à l’université). L’Accademia Vivarium Novum présentait une particularité qui avait retenu mon attention : elle proposait d’apprendre le latin comme une langue vivante, en utilisant le latin lui-même comme langue d’enseignement. Pas de passage d’une langue à une autre, pas de traduction : à l’Accademia Vivarium Novum, tout est en latin. Avec la promesse, après deux mois de cours estival intensif, d’atteindre un niveau équivalent ou supérieur à celui de personnes ayant étudié pendant plusieurs années le latin selon des méthodes traditionnelles.

J’étais tombé sur le site internet de l’Accademia Vivarium Novum par hasard, et l’idée d’apprendre le latin comme une langue vivante avait suscité mon intérêt et ma curiosité. J’avais donc réuni mes économies afin de payer cet étrange « séjour linguistique » dans la Cité éternelle, berceau de la langue latine. Je ne le savais pas encore, mais c’était le début d’un long cheminement qui allait me mener à changer totalement ma manière d’apprendre les langues et, finalement, à devenir polyglotte.

Mais que s’est-il passé à l’Accademia Vivarium Novum pour que mon séjour dans cette école constitue un nouveau départ dans mon parcours de polyglotte ? Qu’y ai-je découvert ? Quelles leçons en ai-je tiré ? La réponse au prochain épisode

Par |2019-01-23T11:54:50+01:0028 septembre 2018|Catégorie : Autres|

À propos de l’auteur :

Nathaniel Hiroz est le créateur de Devenir Polyglotte. Il parle une demie-douzaine de langues couramment et partage sur ce site son expérience en matière d'apprentissage des langues.

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